dimanche 13 septembre 2009

Le Struthof: reportage

Struthof – Le camp de concentration

Avant la visite du camp, nous avons regardé des visionnages de photos de personnes tuées, blessées, pendant la guerre. Ces dernières relataient la cruauté, la barbarie des actes effectués.

Une deuxième vidéo, tout aussi touchante, avait pour commentaire des paroles de Louis Cauchois telles :

« …Dors pour la sombre farandole

Des bataillons morts et maudits.

Tu peux dormir : la Terre est folle

C’est ta mère qui te le dit. »

Nous sommes ensuite allés au musée, qui retraçait les grands événements historiques ayant entraînés la création des camps de concentration.

• Après la première guerre mondiale, c’est l’arrivée au pouvoir de Mussolini et d’Hitler, ayant respectivement pour partis le fascisme et le national-socialisme.

• Dès mars 1933, les premiers camps de concentration sont ouverts en Allemagne, tels Dachau et Oranienburg. De 1936 à 1943, 13 autres camps ont été ouverts.

• Entre les deux Guerres mondiales, l’Europe subit des crises économiques. Celles-ci favorisent le développement des dictatures et entraînent ainsi l’idéologie nationaliste, caractérisée par la haine de l’étranger, le racisme, et l’antisémitisme. Les antisémites accusent les juifs de vouloir dominer la société et appellent la population à se mobiliser contre le « péril juif ».

• En septembre 1935, les lois de Nuremberg sont instaurées.

• Le 9 novembre 1938, c’est la « Nuit de Cristal ». De nombreuses profanations, des incendies, et des pillages sont effectués par des nazis. Ce sont cependant des juifs qui sont portés volontaires. 20 000 juifs sont alors envoyés dans des camps de concentrations. Les Tsiganes, les homosexuels et les témoins de Jéhovah subissent des violences et des exclusions.

• De 1939 à 1943, l’Europe est en guerre.

• Dès 1941, l’URSS est envahie par Hitler. Des invasions et débarquements ont aussi lieu, notamment en novembre 1942, ainsi que des rafles de juifs.

• En février 1943, c’est l’instauration du service du travail obligatoire (STO). Cependant, il y a de la résistance en Europe.

• En 1944, c’est la Terreur, une période de répression : après chaque attentat, si les résistants ne sont pas dénoncés, des otages sont fusillés ou déportés. De nombreux villages sont aussi détruits, et la population subit de grands massacres.

Cette période entraîna beaucoup de morts parmi les 1 650 000 résistants arrêtés et déportés. Entre 300 000 et 500 000 Tsiganes ont été tués, et de 5 à 6 millions de juifs ont été exterminés ; c’est la Shoah.

• Les libérations s’exécutent grâce aux débarquements, entraînant la découverte des camps de concentration par la suite.

Ce musée a été élaboré autour d’une cave à pommes de terre : Kartoffelkeller ; nom de code donné par les nazis à ce bâtiment, construit par des déportés du camp de Natzweilerstruthof.

Visite du camp

La Place Général Delestrant, située à 800m d’altitude, est un lieu de villégiatures depuis 1829. La découverte de granite rose sur ce lieu, entraîna son extraction effectuée par les déportés.

Les conditions dans lesquelles ces derniers travaillaient étaient difficile : hiver très rigoureux = de -20°C à 60°C en été. Les déportés portaient des habits fins.

Le camp devient une zone interdite et protégée des regards (« barrières barbelées »). C’est le seul camp à l’ouest du Reich. La raison étant que l’on cherche à éviter que l’on sache qu’il y a des exterminations, convaincre sur le fait que c’étaient de simples camps de travail.

L’arrivée au camp s’effectuait malgré les pentes rudes, les barbelés et les barrières. L’interrogation des déportés avait lieu dans la première baraque à gauche. Il s’y passait des actes de déshumanisation : on leur enlevait leurs vêtements, bijoux, ils n’avaient plus de nom.

Appel au camp de concentration

Les camps de concentration sont créés en 1933 pour «rééduquer» les opposants au régime nazi, les condamnés de droit commun considérés comme «asociaux» et les homosexuels. Après Osthofen, Oranienburg est l'un des premiers camps ouverts en Allemagne. Si la première vague de répression a touché essentiellement les communistes et les syndicalistes, très vite, les nazis y enferment toutes sortes d'opposants, membres du parti social démocrate (SPD), ou encore des notables.

Pour répondre aux besoins croissants de main-d'œuvre, les déportés sont soumis à des travaux forcés au profit des entreprises nazies et des industries de guerre. Il travaillent jusqu'à l'épuisement, au moins 12h par jour, dans des conditions très dures qui entraînent souvent la mort.

Les déportés du KL-Natzweiler

Les déportés du camp de Natzweiler viennent de toute l'Europe, de prisons, de camps d'internement ou d'autres camps de concentration.

Pour tous le processus d'admission au camp est le même : descente à la gare de Rothau, montée au camp à pied ou en camion, enregistrement sous un numéro matricule, dépouillement de toute identité et affaires personnelles, épouillage, désinfection et distribution de vêtements dépareillés et parfois de tenues rayées.

Ils ont été arrêtés pour des motifs divers. Les premiers déportés du camp sont essentiellement allemands, déportés de droit commun, «asociaux» ou déportés politiques. A partir de 1942, parmi les déportés on trouve des Soviétiques, parfois prisonniers de guerre, des Polonais et quelques déportés originaires des territoires annexés pas le IIIe Reich : Tchèques, Alsaciens, Lorrains. En 1943, arrivent en grand nombre des déportés luxembourgeois, puis des Résistants de différentes nationalités, venant de divers camps de concentration ou prisons en Europe : Belges, Néerlandais, Norvégiens et Français. Parmi ces derniers, de nombreux militaires, notamment membres de l'Armée secrète et de l'Organisation de résistance armée, sont aussi déportés au camp de Natzweiler. Enfin, à partir de 1944, des Juifs, essentiellement originaires de Hongrie et de Pologne, sont déportés dans les camps annexes.

Infos en vrac:

Les déportés se lèvent à 4h15 du matin.

Ils se lavent à l'eau glacée.

Ils mangent de la soupe et des petites tranches de pain.

Ils pèsent en général entre 36 et 38 kilos.

L'appel se fait dans le froid et dans l'attente.

Ils doivent monter des marches sans arrêt.

Les déportés sont obligés d'assister à la pendaison de leurs camarades.

Ils peuvent passer de 3 à 42 jours en cellules.

Des expériences pseudo-scientifiques terribles sont réalisées sur eux.

Leurs cendres sont répandues dans les jardins potagers.

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